Petite critique de l’Aura de Benjamin

Avant tout , ceci est l’extrait d’un document personnel, également présenté dans un autre travail.

Benjamin nous fait ici un bref résumé de l’histoire de la reproduction, affirmant qu’elle existe depuis l’antiquité Mais que l’Aura de l’œuvre d’art originelle se dépréciait au fur et à mesure de ses multiples reproductions.

En ce qui concerne les peintures, fresques ou autres croquis, le raisonnement a un sens et est réaliste. Le texte datant d’avant la 2e guerre mondiale, nous pouvons dire qu’aujourd’hui la vaste notion d’Aura ne s’applique plus seulement aux œuvres d’art originales, mais aussi à certaines reproductions. Cette forme de transfert peut même arriver à masquer les originaux. J’aimerais prendre un exemple qui me tient à cœur : le 9e art, la bande dessinée. Bien que les planches originales surpassent en termes de valeur les albums, certaines peuvent néanmoins atteindre aujourd’hui une certaine valeur par rapport au nombre d’exemplaires sortis à une période donnée. Plus que sa valeur monétaire, l’ancienneté d’une production fait jaillir le sentiment d’Aura, signe d’une époque de reproduction plus ou moins favorable à la censure ; ou bien d’une certaine nostalgie graphique, les techniques d’imprimerie ayant elles aussi évolué à travers les âges. Je prends ici la bande dessinée en exemple, mais il en est probablement de même pour le film, le livre et la sculpture. Seule la peinture admet que la reproduction aura toujours une valeur moindre et une Aura fortement dépréciée. Ce même si l’artiste, parfois des années plus tard, décide de modifier son unique exemplaire.

Pour préserver sa valeur cultuelle, une œuvre d’art « doit » être gardée dans le secret. Il serait complètement aberrant de dire cela à un artiste de nos jours. La construction de l’Aura passe par une certaine reconnaissance des autres personnes. Cependant, certains artistes arrivent à amplifier la leur par rapport à leurs œuvres devenues culte ou n’attendant plus que ce moment. On peut notamment citer David Lynch avec la série Twin Peaks. Dans la logique, confiner une œuvre d’art reviendrait à réduire de regard que l’on porte sur elle. Mais comment se forme alors son Aura ? Il semblerait bien que la notoriété de l’artiste influe sur la valeur cultuelle et l’aura de son œuvre.

Ce qui est bien avec la nouveauté, c’est qu’elle permet de remettre en question le dogme présent dans un domaine ou un autre pour mieux être tolérée voire acceptée par la communauté ensuite. Nous pouvons remarquer qu’à l’époque de Benjamin, le film en tant qu’œuvre d’art était très mal acceptée par les intellectuels de l’époque. Il n’en était pas de même pour la population de masse, ce qui a eu pour effet de rendre fous certains critiques de l’époque, criant au blasphème de la définition même de l’œuvre d’art. Qu’en est-il aujourd’hui ? Bien que le film narratif soit largement toléré de nos jours, ceux mettant en avant une innovation ou un genre expérimental suscite encore quelques réactions ou critiques du public. C’est un mal nécessaire dans tout domaine, et particulièrement celui du multimédia et des nouvelles technologies. Il est par ailleurs intéressant de voir comment le film « Sausage Party » (Conrad Vernon, Greg Tiernan; 2016) bouleverse et balaye d’un revers de main les codes et les clichés du film d’animation 3D.

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