T.E.R.R.O.R.I.S.M.E : Le mot-clé qui fait trembler les médias

Quel est le point commun entre un commando qui tire sur le public et un déséquilibré qui fonce dans une foule ? Les médias accusent les auteurs de terroristes et de terrorisme.

Parlons des attentats de Nice ; un inconnu tue 86 personnes en les fauchant avec son camion. Fait inusité : l’attaque se passe justement le jour de la fête nationale, le 14 juillet 2016. Quelques jours / semaines plus tard, des recherches démontrent que l’individu avait des problèmes d’ordre psychiatrique et n’était pas religieux en apparence. Cependant les enquêteurs gardent en tête (et ne s’empêchent pas d’en avertir la presse) que l’homme ait pu se radicaliser aux idéaux de Daesh en un temps éclair. Les enquêtes sur l’attaque sont toujours en cours, et certains faits importants n’ont toujours pas été élucidés à ce jour.

Selon le Larousse, le terrorisme se définit par un « Ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système ». Dans mes souvenirs, du temps où je lisais des journaux d’actualités destinés aux enfants et aux adolescents (PlayBac Presse), la notion de terrorisme était semblable à une caractéristique près : celle d’imposer une idéologie par la force. Cela sous-entendrait que le terroriste voulait faire passer une idée en usant les moyens les plus violents.

L’attaque de Nice peut effectivement rentrer dans la (nouvelle) définition de terrorisme. Cependant, je ne nie pas les faits mais comment peut-on étiqueter de « terrorisme » les actes d’un fou présumé ? Des situations similaires se produisent plus ou moins régulièrement aux États-Unis et autre part dans le monde. Les affaires les plus médiatisées relatent des tueries dans des écoles et des universités. Les auteurs de ces fusillades ont souvent eux-aussi une araignée au plafond. Pourtant ; ces attaques ne sont pas dites « terroristes ».

Vous l’aurez compris, les médias d’aujourd’hui se jouent des définitions des mots et les placent à tort et à travers pour intensifier l’aspect dramatique et « théâtral » de l’information. Le souci, c’est qu’à force de mal utiliser les mots dans des informations diffusées auprès de la société, cette dernière les gobe et on entre évidemment dans la désinformation, voire dans certains cas l’aliénation de l’information.

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, et plus récemment depuis les attentats de Paris et Nice, les médias se sont emballés et font inconsciemment (?) régner un climat de peur permanente sur la planète informations. Pas une semaine ne passe sans un article relatant les dernières attaques terroristes. Dernièrement, un coup de filet a permis d’arrêter des présumés djihadistes et les avocats jettent l’éponge face au mutisme de Salah Abdeslam. Le fait même que les médias relaient ce type d’informations peut déjà aliéner un individu lambda fragilisé de près ou de loin par les événements. Il est vrai que dans les articles en question, tout porte à croire que les terroristes se baladent partout… même si ce n’est pas forcément le cas. Ainsi se crée une spirale vicieuse, effrayant l’opinion publique au gré de ce que la presse et les médias relatent.

Cette pseudo-paranoïa quand même des répercussions importantes : cela va faire presque un an jour pour jour que l’état d’urgence a été décrété en France, uniquement à cause des attentats (et de l’opinion politique publique qui dit ne pas se sentir en sécurité).

L’originalité dans l’histoire des attaques du 14 juillet, c’est que malgré le constat qu’aucun lien n’ait encore été élucidé entre le tueur fou et l’Etat Islamique, cette dernière revendique quand même l’attentat. Quel culot ! Il est vrai que l’on connait la stratégie de communication de cette organisation active malgré les revers qu’elle se prend de jours en jours. Mais le fait nouveau et récent, c’est qu’elle s’axe dans un certain opportunisme, s’attribuant la plupart des attaques avant que les enquêtes ne commencent. Comment le sait-on ? Les médias ont perdu leur sens de la raison en diffusant manu militari l’information, comme s’il s’agissait d’un scoop. Elle ne prend même pas la peine de relativiser l’information et la partage avec la même importance que le divorce de Brad Pitt et Angelina Jolie. Pourrait-on dire que l’on assiste à une « peoplisation » de l’information, du fait que la société soit plus à fleur de peau ces dernières années ?

D’un côté, les médias n’ont pas tort de parler de terrorisme lorsqu’une attaque de grande envergure vise le peuple ou une certaine communauté. D’un autre côté, les médias exploitent nos émotions et nos nerfs à fond en abusant de leur pouvoir et notamment en abusant / biaisant la définition des mots employés dans leurs articles et leurs reportages. Le tout pour faire plus d’audiences et / ou pour rire de l’incrédulité du peuple ?

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2211423816300359

http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SECUG_162_0063

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/07/16/attaque-de-nice-les-motivations-troubles-de-mohamed-lahouaiej-bouhlel_4970489_3224.html

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/attentat-de-nice-le-tueur-avait-des-problemes-avec-son-corps_1812992.html

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