Petite critique de l’Aura de Benjamin

Avant tout , ceci est l’extrait d’un document personnel, également présenté dans un autre travail.

Benjamin nous fait ici un bref résumé de l’histoire de la reproduction, affirmant qu’elle existe depuis l’antiquité Mais que l’Aura de l’œuvre d’art originelle se dépréciait au fur et à mesure de ses multiples reproductions.

En ce qui concerne les peintures, fresques ou autres croquis, le raisonnement a un sens et est réaliste. Le texte datant d’avant la 2e guerre mondiale, nous pouvons dire qu’aujourd’hui la vaste notion d’Aura ne s’applique plus seulement aux œuvres d’art originales, mais aussi à certaines reproductions. Cette forme de transfert peut même arriver à masquer les originaux. J’aimerais prendre un exemple qui me tient à cœur : le 9e art, la bande dessinée. Bien que les planches originales surpassent en termes de valeur les albums, certaines peuvent néanmoins atteindre aujourd’hui une certaine valeur par rapport au nombre d’exemplaires sortis à une période donnée. Plus que sa valeur monétaire, l’ancienneté d’une production fait jaillir le sentiment d’Aura, signe d’une époque de reproduction plus ou moins favorable à la censure ; ou bien d’une certaine nostalgie graphique, les techniques d’imprimerie ayant elles aussi évolué à travers les âges. Je prends ici la bande dessinée en exemple, mais il en est probablement de même pour le film, le livre et la sculpture. Seule la peinture admet que la reproduction aura toujours une valeur moindre et une Aura fortement dépréciée. Ce même si l’artiste, parfois des années plus tard, décide de modifier son unique exemplaire.

Pour préserver sa valeur cultuelle, une œuvre d’art « doit » être gardée dans le secret. Il serait complètement aberrant de dire cela à un artiste de nos jours. La construction de l’Aura passe par une certaine reconnaissance des autres personnes. Cependant, certains artistes arrivent à amplifier la leur par rapport à leurs œuvres devenues culte ou n’attendant plus que ce moment. On peut notamment citer David Lynch avec la série Twin Peaks. Dans la logique, confiner une œuvre d’art reviendrait à réduire de regard que l’on porte sur elle. Mais comment se forme alors son Aura ? Il semblerait bien que la notoriété de l’artiste influe sur la valeur cultuelle et l’aura de son œuvre.

Ce qui est bien avec la nouveauté, c’est qu’elle permet de remettre en question le dogme présent dans un domaine ou un autre pour mieux être tolérée voire acceptée par la communauté ensuite. Nous pouvons remarquer qu’à l’époque de Benjamin, le film en tant qu’œuvre d’art était très mal acceptée par les intellectuels de l’époque. Il n’en était pas de même pour la population de masse, ce qui a eu pour effet de rendre fous certains critiques de l’époque, criant au blasphème de la définition même de l’œuvre d’art. Qu’en est-il aujourd’hui ? Bien que le film narratif soit largement toléré de nos jours, ceux mettant en avant une innovation ou un genre expérimental suscite encore quelques réactions ou critiques du public. C’est un mal nécessaire dans tout domaine, et particulièrement celui du multimédia et des nouvelles technologies. Il est par ailleurs intéressant de voir comment le film « Sausage Party » (Conrad Vernon, Greg Tiernan; 2016) bouleverse et balaye d’un revers de main les codes et les clichés du film d’animation 3D.

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La symbolique du miroir : le miroir virtuel

Avec l’évolution d’Internet et des nouvelles technologies, le miroir social s’est immiscé très profondément en nous, jusque dans notre vie intime. La notion d’avatar a-t-elle encore un sens à l’ère des réseaux sociaux ? Par ailleurs, ces derniers deviennent de plus en plus chronophages au fur et à mesure qu’ils grossissent. Ils permettent de mieux nous surveiller, mais aussi faire de notre vie sociale un pseudo-spectacle aux yeux du monde entier.

L’avatar

La symbolique, telle qu’on la connait, de l’avatar est de représenter le moi réel dans un environnement virtuel. La notion d’avatar existe depuis l’antiquité, lorsque les spectacles et les incantations divines devaient représenter le réel dans un environnement fictionnel et inversement.

Aujourd’hui, cette notion se retrouve énormément dans les jeux vidéo, mais pas seulement. Avant les jeux vidéo, les jeux s’inspiraient à la fois de la vie réelle et de l’imagination humaine. Ainsi la mimesis dans le jeu est très prégnante, et la notion d’avatar se retrouve évidemment dans les personnes jouant : Papa/Maman, jeux de rôles, etc…

Une des forces que donne l’avatar est qu’il peut être détourné de sa fonction première ; à savoir représenter un être réel dans un monde virtuel. Ainsi, rien n’empêche un individu d’enjoliver son avatar pour le rendre meilleur à ses yeux, ou bien en créer un qui assouvira virtuellement ses pulsions les plus sombres. De plus, il permet d’assurer un certain anonymat par rapport à l’identité de l’individu réel. C’est comme un masque de carnaval : un travestissement dans un monde virtuel.

Les réseaux sociaux, construction d’un moi amélioré et déviance de la surveillance

Les réseaux sociaux ont accéléré et fait évoluer la notion d’avatar. Les premiers réseaux sociaux peuvent être situés lors de l’apogée des MMORPG, ces jeux vidéo où le réseau internet et le jeu de rôle sont mêlés. Mais aujourd’hui, les réseaux sociaux exigent des individus réels de vraies informations pour recréer un avatar ultra-réaliste. L’anonymisation que procurait l’avatar est vu aujourd’hui comme une nuisance à éradiquer à tout prix. Cependant, un algorithme informatique ne peut contrer l’imagination d’un humain, et rien ne l’empêche de se façonner un profil à sa convenance mais qui ne reflète pas son moi réel.

Le problème actuel, c’est cette hyper présence des réseaux sociaux à travers la vie quotidienne. Porté par des appareils mobiles tels que des cellulaires, des portables et autres tablettes, ils ne nous quittent rarement. Cela est devenu tel qu’une personne n’ayant pas de profil actif sur un réseau social ou simplement pas de profil va voir son rayonnement social extrêmement réduit, et son miroir social terni.

Inversement, cette hyper présence peut nous être néfaste, du moins si nous ne savons pas tenir notre miroir social. En effet, il passe aussi par les réseaux sociaux, et notre avatar en est l’ambassadeur. Facebook et autre sont devenus, de par leurs fonctionnalités, de véritables machines à surveiller. En regardant un fil d’actualité, nous nous surveillons les uns les autres. J’aimerais faire ainsi le rapprochement avec Michel Foucault et le panoptisme, ou comment surveiller des personnes sans qu’ils le sachent. Et plus récemment, l’infiltration de services d’état pour neutraliser des contenus et des forums jugés dangereux, jusqu’à en arrêter des individus réels pour leurs actions virtuelles. Mais jusqu’où la liberté d’expression peut être considérée comme sans danger sur Internet ?

http://www.cairn.info/revue-adolescence-2009-3-page-621.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mimesis

http://www.cairn.info/revue-reseaux-2009-2-page-165.htm

https://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=yIa-UMDxWjEC&oi=fnd&pg=PA13&dq=miroir+r%C3%A9seaux+sociaux&ots=mL0IZu_-fv&sig=P5vBc0fyNF_AiawT-3kbrPx7RtU#v=onepage&q&f=false

https://fr.wikipedia.org/wiki/Surveiller_et_punir

La symbolique du miroir : le miroir social

Le miroir social est défini par l’impact du jugement des autres sur un individu. Cale commence dès que l’individu est en âge de se sociabiliser. Dans un processus de différenciation, l’individu se crée sa propre personnalité et ses propres intérêts via l’interaction sociale.

L’individu créée un « reflet » social de lui-même, qui dépend d’une multitude de facteurs : jugement des congénères et des personnes autoritaires, sexe, âge, capacités, handicap, physique… Durant l’enfance et l’adolescence, tous ces critères sont très importants ; par ailleurs les personnes ne sont pas très tendres entre elles à ces âges-là…

Néanmoins, il existe une notion qui découle du reflet social : la désirabilité. L’individu va-t-il être accepté par la société ? Cette notion peut lourdement influencer sur l’estime de soi de la personne ; 2 cas sont alors possibles :

  • Une estime forte voire une surestimation qui peut pousser à un leadership « anarchique »
  • Une sous-estimation pouvant conduire à un repli sur soi-même et à l’isolement social

D’où en aparté le dogme du harcèlement scolaire. Le leadership étant prégnant pendant les années scolaires, l’individu qui ne plaira pas sera automatiquement vu comme faible et nuisible. Le comportement social des rats en est un bon exemple.

http://rongeursendestress.e-monsite.com/pages/fiches-rongeurs/le-rat/comportement-du-rat.html

http://l.salvador.free.fr/publis/Salvador%20(2003)%20Estime%20de%20soi%20%26%20miroir%20social%20en%20milieu%20scolaire.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Estime_de_soi

Comment notre miroir social se reflète via des mediums ?

Le miroir social est une composante essentielle de notre vie sociale. Cependant des éléments peuvent le changer selon l’importance en bien ou en mal de certains éléments qui nous sont indirects dans la vie réelle. L’exemple le plus criant aujourd’hui est bien évidemment celui des enfants via-à-via des parents.

L’article de Simone Korff-Sause relate notamment comment les parents peuvent arriver à renier leur propre progéniture si celle-ci est atteinte d’une tare ou d’un handicap sévère. Lorsque cette situation se produit, les parents sont dans un état de honte et de colère (envers la Nature et envers l’enfant). Ainsi, ils considèrent leur enfant comme un étranger plus ou moins dangereux. Malgré cela, le miroir social s’en retrouve changé : souvent le cercle social s’éloigne de la famille ayant un enfant atteint d’une pathologie.

Pour d’autres parents, ces derniers tentent par l’intermédiaire de leurs enfants (la notion de miroir social est très variable selon les événements qui surviennent dans la vie de l’individu) de « laver » leur miroir social, le rendre plus présentable envers les autres, comme des personnes de même rang social ou d’autres qui fréquentent une même culture.

Ainsi dans l’objectif de donner le meilleur à leur(s) enfant(s), les parents vont plus ou moins imposer des choix de vie à leurs enfants, souvent au détriment des choix de ces derniers. Dans certains cas où l’un des deux parents a dévié de ses ambitions par contrainte, celui-ci va littéralement transférer ses désirs sur le présent et l’avenir de l’enfant.

Dans un autre registre, les crimes d’honneur, surtout perpétrés au Moyen-orient, a pour fond ce miroir social que l’on porte dans la société. On peut dire donc considérer la notion d’honneur avec l’estime de soi et la confiance dans la symbolique du miroir social.

http://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2011-2-page-48.htm

http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SM_057_09

Cependant, il n’y a pas que le miroir social qui nous évalue en tant que personne. Plus vaste encore, la publicité, les magazines et plus généralement tout média de masse nous reflète un semblant d’idéal à atteindre sur le plan sociétal, perpétré par la culture. La culture de masse la plus prégnante aujourd’hui est sans doute la culture occidentale. Je reprends certains exemples comme des femmes asiatiques qui se débrident les yeux ou des filles d’Europe de l’est qui multiplient les chirurgies esthétiques pour ressembler à une certaine Barbie…

L’économie a aussi un rôle dans la perception du miroir social idéal via les publicités et notamment les produits. C’est peut-être ainsi que l’obsolescence programmée a vu le jour, et que certaines modes comme l’affinement des cellulaires ou l’évolution de certains ports sur les ordinateurs se sont imposées dans les domaines en question.

Cobalt 60

Le cobalt 60 est un matériau dangereux. Quoi de mieux pour un (futur) film qui donne une approche cynique du culte de l’apparence d’aujourd’hui ?

J’ai bien hâte que ce film sorte, car cela me montrera la réception de ce film qui met vraiment en avant un dogme un peu tabou : le culte du beau dans notre société. Mais c’est quoi une personne « belle » ?

Le culte de l’apparence dans la société

C’est une forme de racisme dissimulé ; pourtant les discriminations physiques sont monnaie courante de nos jours. Dès la naissance et l’enfance, l’apparence que nous avons va conditionner notre éducation. D’une manière générale, un enfant dit « beau » va être moins réprimandé, et ses punitions seront plus négligées qu’un enfant dit « laid ». Dans certains cas, les résultats scolaires peuvent énormément varier pour un enfant beau, notamment s’il peut rattraper une mauvaise note ou une mauvaise moyenne. Du fait de son apparence on observe que les enfants « laids » compensent en étant généralement bons à l’école. De même, lors des entretiens d’embauche, à diplôme égal, une personne considérée comme belle aura plus de chances d’être embauché. Elle gagnera également plus d’argent.

Aussi statistiquement, une personne dite moche ou grosse sera plus mal vu par les gens environnants, comme si l’individu en question devait porter une certaine responsabilité dans son physique, en plus de la possible culpabilité qu’il est censé porter.

Comment les médias nous imposent des normes

Les normes sociétales, avec les clichés et autres préjugés, vont véhiculés avec les médias. D’un autre côté, les normes sociétales sont étroitement liées au miroir « idéal » que chacun de nous imagine. Notamment pour la femme, pour lesquelles les normes sociétales sont plus oppressantes que pour les hommes ; la preuve en regardant les nombreux magazines destinés à la gent féminine.

En y pensant plus profondément, ces normes viennent probablement depuis l’ère médiévale, où les principes religieux étaient très suivis dans les chaumières. Avec le temps, ces principes ancrés se sont accentués au fur et à mesure du temps. Les médias n’ont évidemment pas manqué de mettre en avant les stigmates de la société, les reproduisant tel une détermination sociale, pour mieux les imposer aux spectateurs. Mais la culture se développant, elle impose désormais des normes physiques. Rares sont les médiums qui font l’apologie du moche ou du gros…

Ce film met en exergue tous ces clichés invisibles qui définissent la société physiquement discriminante d’aujourd’hui. Qui plus est, le teaser laisse entrevoir que le collectif de jeunes « beaux » utilise les réseaux sociaux tels qu’Instagram pour véhiculer leurs idées. En comparaison avec les médias de masse, les réseaux sociaux propagent de manière plus rapide les idées et les clichés et font adhérer beaucoup plus de monde. D’un autre côté, ces médiums sont utilisés par la jeune génération, plus sensible aux causes physiques car noyés en plein dans les normes. Dans le fond, je trouve que le film, même très cynique, montre très bien ces clichés, et notamment l’affect du corps chez les jeunes.

http://www.mei-info.com/wp-content/uploads/revue20/ilovepdf.com_split_6.pdf

http://www.psychologies.com/Beaute/Image-de-soi/Complexes/Articles-et-Dossiers/Se-reconcilier-avec-son-corps/La-tyrannie-de-l-apparence

La symbolique du miroir : introduction

Dans notre projet, le symbolique du miroir est très présente : la personne, simple spectatrice dans la plupart des cas, se retrouvera spec’actrice malgré elle. De simple réceptrice, elle en deviendra émettrice, mais de quoi ? De sa propre projection et de sa propre expérience. Ainsi la symbolique du miroir revêt une grande importance. Avec la mondialisation et l’évolution du numérique, cette symbolique se place de plus en plus parmi les médias et les outils numériques.

Le miroir dans la littérature et l’art

Le miroir est une notion très utilisée dans la littérature, notamment parmi les poètes. Ces derniers l’associent généralement avec la notion du rêve, du reflet, de l’âme et de l’image. Nous retrouvons là directement le lien entre l’imaginaire : le miroir est même perçu chez certains littéraires comme un outil à leur créativité et à leurs créations. Certains, notamment Baudelaire, lient métaphoriquement ce fameux « miroir » aves les yeux, que ce soient ses propres ou ceux des autres. Ce n’est pas complètement farfelu ; nous verrons plus tard ce qu’est le « miroir social », celui-ci utilisant principalement le regard des autres.

« ‘Je suis toi-même.’ C’est ce que répond impitoyablement le miroir à celui qui l’interroge ».

D’un autre côté, la symbolique du miroir se retrouve évidemment dans le mythe de Narcisse. Ici nous basculons plus sur l’égocentrisme et le narcissisme en général. Le miroir ici est représenté tel son objet ou par l’eau. Au fil des époques, l’axe narcissique du miroir sert de plus en plus à refléter les défauts plus que les qualités. Un exemple est justement cité pour représenter le symbolique du miroir en ce sens : « De l’autre côté du miroir », la suite de « Alice au pays des merveilles ». Le miroir est symbolisé par un monde fonctionnant complètement à l’envers et bourré de non-sens.

Dans la même période, le symbolisme artistique fait son apparition en même temps que le mouvement littéraire du même nom. Dans la littérature, l’ambassadeur est principalement Charles Baudelaire. Mais le mouvement artistique puise justement dans la symbolique du miroir pour produire des œuvres dans le thème de l’imaginaire, des rêves et de la spiritualité.

Enfin, la symbolique du miroir permet à la plupart des écrivains de l’époque de faire passer une idée, une allégorie en un être ou un objet apparent et descriptible. Cela peut souvent se voir dans les références divines et les allusions à la femme.

Le stade du miroir, Lacan

A la naissance et jusqu’à l’âge de 6 mois, le bébé n’a pas conscience d’être lui-même. Le stade du miroir est une réflexion psychanalytique centrée sur la période du nourrisson entre 1 et 36 mois.

Scientifiquement, le bébé va se reconnaitre peu à peu dans le miroir pour au final accepter son reflet physique. Mais avant qu’il se reconnaisse, le jeune enfant considère son image comme étrangère. René Zazzo fait d’ailleurs quelques observations sur son enfant pour voir comment il s’approprie son image.

Avant le stade du miroir, le bébé n’a pas conscience d’être lui-même. Cependant il y a un certain narcissisme infantile durant les premiers mois de sa vie ; le bébé est forcé de réagir à ses besoins primaires (parfois secondaires) et attire l’attention des autres sur lui. Puisqu’il n’est pas en âge de se débrouiller par lui-même, les Autres gravitent autour de lui pour répondre à ses besoins. A ce moment-là, le nourrisson est incapable de se différencier des autres. Le stade du miroir déclenche le processus de cette différenciation, mais peut représenter aussi une certaine cassure dans le développement de l’enfant. Il est fort probable que l’acceptation progressive de son reflet fasse partie du processus d’autonomie de l’enfant. Ce dernier, se reconnaissant en partie à travers le miroir, découvre qu’il est un individu à part entière et qu’il n’a plus à se rattacher à l’Autre. Le « Je » se met en place. Le processus du stade du miroir est parachevé vers 2 ans. A partir de cet âge, l’enfant va peu à peu achever le processus de reconnaissance de soi ; non seulement avec le miroir, mais aussi avec des objets et des individus. Il est à noter que la société aide aussi à l’identification, la différenciation, l’affirmation et l’individualisation de l’enfant.

 La symbolique du miroir chez l’enfant mature, l’adolescent et l’adulte

A l’âge adolescent et adulte, le miroir prend un définition toute autre. Il sert à représenter un moi idéal, ou au contraire reflète les imperfections. Cela se voit surtout à l’adolescence, où cet « objet » peut engendrer des problèmes psychologiques (anorexie, suicide…).

D’un côté il y a le miroir qui nous reflète tel qu’on est, cependant la société agit aussi comme une sorte de miroir par rapport à nous, bien qu’il soit fortement biaisé. Cela va de pair avec la confiance et l’estime de soi, c’est le miroir social.

http://www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1959_num_11_1_2147

http://www.prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/LACAN%20Le%20stade%20du%20miroir.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/De_l%27autre_c%C3%B4t%C3%A9_du_miroir

http://www.symbolisme.net/definition.html

http://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1948_num_1_1_1295#enfan_0013-7545_1948_num_1_1_T1_0039_0000

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stade_du_miroir

https://fr.wikipedia.org/wiki/Narcissisme_primaire

Quand Disney nous (ra-)conte des histoires…

Il y a quelques jours, j’ai entrepris de regarder « Alice de l’autre côté du miroir ». Dans le cadre d’une lecture de recherche, j’avais croisé le roman avec la symbolique du miroir. Je me suis donc renseigné très brièvement sur l’histoire du roman.

Plus tard, lorsque je compare le synopsis du film au résumé du roman, quelle fût ma surprise de voir que l’adaptation était TRÈS loin de la version de Lewis Carroll. Beaucoup plus loin que ce que je pensais….

La VRAIE version de certains romans

Tout d’abord, Disney a adapté bon nombre de contes d’autrefois. Je le reconnais, sur le plan esthétique la plupart des films sont magnifiques. Mais l’histoire remaniée à de quoi en faire rire plus d’un !

Le Chaperon Rouge, de victime à héroïne

Dans la version de Disney, le Chaperon Rouge vient à la rencontre de sa grand-mère. Elle croise les 3 petits cochons (crossover) et le loup. Ce dernier essaie de la manger, mais n’y arrive pas. Alors il fonce chez la grand-mère pour la manger elle aussi. La fin se termina par un sauvetage des deux femmes et une fuite du loup sous une pluie de pop-corns ! Je parle ici de la version courte de la série « Silly Symphony »

On est bien loin du conte de Perraut, qui ne donnait pas une fin aussi digne de son histoire. En effet, la fin de son histoire se terminait par la mort du Chaperon Rouge et de sa grand-mère par le loup. Les frères Grimm sont allés encore plus loin : en plus du même dénouement ils ont ajouté un chasseur qui évincera le loup !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Petit_Chaperon_rouge

Cendrillon, une jalousie sanguinaire

La version de Disney est très édulcorée, notamment parce qu’elle a été adaptée une première fois en film d’animation. Cependant sa deuxième version, plus mature, ne montre pas plus l’aspect glauque de l’histoire.

Cependant en réadaptant ce conte, les frères Grimm ont préféré y ajouter un peu de sang ; la belle-mère força les sœurs de Cendrillon à se couper les doigts de pied pour parvenir à rentrer dans la pantoufle si célèbre. Dans une autre version, elles furent condamnées à chausser des pantoufles chauffées à blanc jusqu’à ce que mort s’en suive.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cendrillon

http://www.grimmstories.com/language.php?grimm=021&l=fr&r=de

La version originale des contes adaptés par Disney semble d’un certain point de vue effrayant pour notre époque. Cependant, il faut se remettre dans le contexte de l’époque ; un XIVe siècle où la monarchie était coutume, et où l’enseignement des « bonnes » mœurs était bien plus répandu qu’aujourd’hui. Dans le cas de Perrault comme de Grimm, une double lecture se met en place dans les contes : une avec des personnages éponymes qui vivent d’extraordinaires aventures pour les enfants. L’autre, où les personnages deviennent l’incarnation d’une société sans droits apparents ou bien l’un des nombreux défauts de l’humanité. Ainsi la figure du loup relève du prédateur sexuel ou d’un père maltraitant par exemple.

D’un autre côté, même si cela reste exagéré pour ce que c’est, l’aspect gore et violent des contes sont censés représenter les peurs et les angoisses des enfants.

https://www.contrepoints.org/2013/09/22/139910-charles-perrault-contes-enfants-adulte

https://www.cairn.info/revue-topique-2011-3-page-179.htm

Une censure nécessaire… Qui véhicule néanmoins les principes les plus sexistes et discriminants d’aujourd’hui

Aujourd’hui, Disney pèse très lourd dans la balance du cinéma. Il est clairement axé sur le cinéma destiné aux jeunes enfants et aux jeunes adultes. Pourtant, il y a peu voire pas de sang dans la majorité de ses films. Un comble quand on connait les histoires originales !

En fait, le film adapte ce que la culture lui impose. Il est indirectement le reflet exagéré d’une société. Cette culture cinématographique, notamment celle destinée aux enfants, leur fait inculquer non seulement des principes d’éducation, mais aussi tout ce que la société formate et les clichés avec. Point d’effusion de sang pour ne pas choquer les plus jeunes. Dans ce sens-là je peux comprendre un certain remaniement de l’histoire originale pour la version Disney, celle qui est censé vendre du rêve et des bons souvenirs.

Mais les princesses Disney deviennent des jeunes filles naïves, belles… et incompétentes (dixit Blanche Neige et Cendrillon). Et des princes qui tombent comme par hasard ; le couple vécut heureux et ils eurent beaucoup d’enfants, dans un château somptueux. Il y a quand même un air de mythe américain là-dedans. Et malheureusement beaucoup de sexisme à l’encontre de la femme. Par exemple, ce n’est implicitement pas à la femme de choisir son homme ; elle se doit de savoir faire les tâches ménagères ; elle doit toujours bien se vêtir ou bien paraitre, etc.

Cependant, une bonne chose est à tirer des adaptations réalisées récemment : Disney prend en compte que le statut de la femme est en train de changer au fil des années, et fait quand même un effort pour rendre l’image de la femme plus forte et plus mature. Ainsi, elles utilisent divers objets et pouvoirs contre des hommes, mais cela reste malheureusement dans le registre du comique.

Il en est tout autre dans les adaptations destinées à un public plus mature : dans le cas de l’adaptation de Tim Burton, Alice ne parait pas aussi manipulée que dans la version animée par exemple. Elle prend même un rôle qui est destiné à l’homme : celui de capitaine de navire. Et sauve finalement le pays des merveilles !

http://www.atlantico.fr/decryptage/belle-au-bois-dormant-peter-pan-pinocchio-pourquoi-disney-edulcore-toujours-fin-histoires-954696.html

http://www.psychologies.com/Famille/Enfants/Apprentissage/Articles-et-Dossiers/Il-etait-une-fois-selon-Disney

En annexe, un article qui analyse la culture Disney, celle au-delà du business cinématographique. Il est quand même assez inquiétant de voir que des revues sont soumises à l’ultra-capitalisme et -excusez-moi du terme – abrutissent les jeunes générations.

http://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2001-3-page-109.htm

Et pourquoi pas faire interagir la patinoire des Huskies de R-N ?

En concrétisant de plus en plus notre allégorie conceptuelle, nous nous positionnons bel et bien vers une installation interactive artistique. Et l’hiver arrivant avec les grands matchs de hockey, je me suis posé la question de savoir si une installation artistique (et interactive) pouvait être mise en place à l’échelle d’une patinoire.

Une telle installation ne doit pas être chose courante. Je me suis donc renseignée sur internet et j’ai essayé de chercher des articles de presse parlant d’installations interactive installées sur les patinoires.

Très peu de résultats pertinents ressortant, néanmoins j’ai réussi à trouver 2 événements qui relate d’une patinoire interactive :

Ice Painting Dreams

Ice Painting Dreams est une installation artistique interactive créée par le laboratoire XLR Project. Avec le partenariat de la ville de Lyon, le groupe a réussi à construire une installation interactive autonome sur la patinoire de Yokohama au Japon durant l’hiver 2011.

Techniquement il ne s’agit pas d’une projection interactive à même la patinoire : des capteurs sont installées dans la glace et aux extrémités de la patinoire pour enregistrer les sons et les mouvements des personnes. Les données des capteurs sont transmises à un système qui projette un tableau numérique sur la façade d’une maison accolée à la patinoire.

Selon l’article Digital Arti, la mise en lumière et l’ambiance sonore de la patinoire est également la conséquence des mouvements des patineurs.

Une patinoire interactive au premier étage de la Tour Eiffel

Durant l’hiver 2010-2011, Crystal Group, une entreprise spécialisée dans les installations événementielles sur patinoires, a voulu marquer l’installation de la première patinoire sur le premier étage de la Tour Eiffel. Pour ainsi dire, l’entreprise a conçu une installation artistique interactive à même la surface de glace.

Avec des capteurs infrarouges, les patineurs et patineuses recréent une atmosphère semblable à celle d’une boîte de nuit. Ils créent et modifient la projection lumineuse. Rien de dit si l’ambiance sonore interagit elle aussi.

Une patinoire virtuelle à la station de métro Bonaventure (Montréal)

Cette installation n’est pas vraiment disposée sur une patinoire, mais a le mérite de simuler une interaction sur un terrain de glace !

Pour fêter la nouvelle saison des Canadiens de Montréal, une société en assurance a décidé d’installer une projection interactive à la station de métro Bonaventure. Cette installation, disposée juste après des escalators, est composée d’une patinoire de hockey virtuelle. Grâce à des capteurs, les personnes qui entrent dans la zone de l’installation verront la glace de la patinoire de briser virtuellement sous leurs pieds.

L’installation était disponible jusqu’au 13 novembre 2016.

Le mapping sur glace, une nouvelle tendance dans les arénas

Tout d’abord, le mapping est une technique de projection audiovisuelle consistant à diffuser des séquences vidéo sur des supports autre que des toiles (comme au cinéma par exemple).

Depuis 3 ans, le Festival du Cinéma International en Abitibi-Témiscamingue ouvre justement sur un mapping (ou projection architecturale) réalisé par des étudiants. Preuve que cette technique audiovisuelle est de plus en plus appréciée dans le monde de l’événementiel et du spectacle. Depuis peu de temps, le sport se met aussi à l’événementiel et n’hésite pas à mettre en avant des installations multimédias, dont des mappings. En voici quelques exemples :

Pour résumer, les installations artistiques interactives sur glace sont encore rares de nos jours. Cependant elles ont le mérite d’apparaitre dans les médias. Elles recueillent également de bonnes impressions auprès des personnes l’ayant essayée. cEn ce qui concerne les mappings interactifs sur glace, elles se sont perfectionnées au fil du temps et sont maintenant présentées au public, juste avant les matchs. Elles gardent toujours leur petit effet de beauté auprès des gens y assistant.

Esthétiquement ce serait une réelle opportunité de pouvoir effectuer une telle installation, mais il ne faut pas oublier qu’en mettant de côté la production sur les ordinateurs, il faut néanmoins une importante logistique et un bon matériel de projection. Le budget pourrait alors devenir un argument de taille dans la réalisation d’un tel projet.

Le son, une onde banale qui peut conduire à la torture du siècle !

C’est en me remémorant une installation artistique à laquelle j’avais assistée il y a 3 ans que je me suis posée cette question. Cet atelier, installé au Palais de Tokyo, à Paris, avait la particularité de diffuser un son qui donnait une ambiance lugubre. Certaines personnes se seraient senties mal, pensant en la présence de fantômes. Bien que notre projet n’ait pas encore de véritable objectif, penchons-nous pour savoir comment agit le son dans certains cas et nous amène à être désorienté et confus.

Tout d’abord, le son est mesuré à l’aide de fréquences, d’amplitudes et de volume. Le spectre audible se situe en général entre 20 Hz et 20000Hz. Au-dessus et en-dessous, on parle d’ultrasons (> 20kHz) et d’infrasons (< 20Hz). Selon le site Article11.info, le son est devenu au fil du temps une arme. Ces dernières sont appelées « armes soniques ». Elles sont généralement non létales, mais pourraient l’être. En effet, la fréquence combinée au volume peut permettre les lésions sur le corps, entrainant dans certains cas la mort. Ainsi à 200 décibels (dB), des lésions aux poumons peuvent apparaitre. Bien que sans danger en apparence, le son a des propriétés physiques et peut affecter le corps humain, les êtres vivants et les objets. L’article nous donne d’ailleurs un très bon exemple avec le mythe de la Castafiore qui arrive à briser des verres avec sa voix.

Cependant, les armes soniques sont de plus en plus prisées pour un usage policier et militaire. La découverte de la nocivité des infrasons est attribuée au docteur Gavreau, après qu’il eut découvert par hasard qu’un ventilateur combiné au conduit d’aération de son laboratoire produisait des effets indésirables chez ses collègues chercheurs. Dans une thématique plus lugubre, ce type d’expérience sonore a conduit à croire qu’un laboratoire britannique était hanté. Dans le fond, la cause venait aussi d’un ventilateur (19Hz + gaine d’aération). Mais la fréquence de ce dernier couplé à l’amplification de la gaine suffisait à donner des hallucinations visuelles ainsi qu’un sentiment d’étouffement. La fréquence amplifiée faisait vibrer les globes oculaires.

Les armes soniques, bien que non déployées en situation de guerre (à ma connaissance), sont bien utilisées pour des troubles à l’ordre public. En effet, certaines polices et armées les utilisent pour disperser des manifestants et pour ramener l’ordre public d’une manière générale. Le son peut aussi être utilisé comme moyen de torture, en référence à la « torture blanche » ou à la guerre du Vietnam. Cela me fait d’ailleurs penser à un fait divers qui était passé dans les manchettes françaises il y a quelques années de cela.

Des dispositifs acoustiques comme « Beethoven » ou « Mosquitoe » avaient été utilisées pendant un temps par des particuliers ou des comités privés. Ces boitiers servent de répulsif « anti-jeunes » : les fréquences diffusées (ultrasons notamment) apparaissaient comme désagréables aux oreilles des moins de 20 ans. Ainsi les jeunes n’avaient pas d’autre choix que de s’en aller de la zone sonore. Heureusement, la justice française a rapidement interdit ce type de dispositif.

Illustration d'une boite à ultrasons de type Mosquitoe ou Beethoven.
Illustration d’une boite à ultrasons de type Mosquitoe ou Beethoven (Figaro.fr).

Bref, c’est controversé, mais tous ces témoignages et ces expériences prouvent que le son peut avoir une incidence physique et physiologique. Mais un son peut-il déclencher des émotions en particulier ?

Pour l’instant, le son peut faire apparaitre des sensations comme la peur, l’étouffement, et des émotions comme la tristesse. Hervé Grescaret le reconnait, peu d’études ont été effectuées sur l’affect émotionnel du son. Cependant, nous ne pouvons pas nier que la musique peut nous donner une certaine émotion. Dans une première approche, « l’affect émotionnel » d’un air musical tiendrait principalement à la structure de ce dernier : le tempo et le mode notamment. De plus, une corrélation a été découverte entre la perception et l’imagination d’une musique. On peut donc déduire, d’une manière plus simple, que le son peut engendrer des souvenirs.

Notre projet, qui pourrait potentiellement utiliser un système sonore, permettrait de diffuser une ambiance contrôlée ou autonome. Le son serait par ailleurs possiblement plus efficace pour générer une sensation, une émotion ou une ambiance. A l’instar des yeux avec leurs paupières, les oreilles n’ont pas de moyen direct de se protéger des sons. Ainsi le traitement du son se fait peut-être plus rapidement que le traitement des images.

http://www.article11.info/spip/IMG/pdf/v2_le_son_comme_arme.pdf, consulté le 25 octobre 2016.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01156608/document, consulté le 25 octobre 2016.

http://www.20minutes.fr/debats/222856-ultrasons-faire-fuir-jeunes-pensez-vous, consulté le 25 octobre 2016.

http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/30/01001-20080430ARTFIG00369-la-justice-interdit-le-boitier-anti-jeunes.php, consulté le 25 octobre 2016.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_%C3%A0_%C3%A9nergie_dirig%C3%A9e, consulté le 25 octobre 2016.

http://lemondeactualite.unblog.fr/2011/10/10/les-armes-soniques-ou-psychotroniques/, consulté le 25 octobre 2016.

http://www.palaisdetokyo.com/fr/evenement/philippe-parreno, consulté le 25 octobre 2016.

Octobre Rose: Quand une maladie (habituelle de nos jours) nous en met plein la vue

Je ne suis pas en train de discréditer le cancer du sein – Ma mère et ma tante se sont fait piquer par le crabe – mais cette maladie prend de plus en plus de place dans les médias au détriment de maladies toutes aussi mortelles.

Selon plusieurs sources, le vieillissement général de la population est en partie responsable de la hausse du nombre de cancers dans le monde. En effet, plus on vieillit, plus on est à risque de développer un cancer. Celui du sein n’échappe pas à la règle, mais le nombre de cas diagnostiqués a explosé entre les années 1980 et les années 2000. Malheureusement cette maladie ne cesse de progresser à travers la gent féminine. Par ailleurs, le cancer du sein est la première cause de décès chez les femmes (521 900 décès en 2012), juste devant le cancer du poumon (491 200 décès). Des études affirment cependant que d’ici quelques années, malgré l’évolution médicinale, les femmes mourront plus du cancer du sein (5,5 millions dans 15 ans environ contre 3,5 millions actuellement). A qui la faute ? Quelques hypothèses :

  • Un mode de vie de plus en plus sédentaire, favorisant l’obésité
  • Une population croissante mais vieillissante
  • Des inégalités planétaires qui tendent à se creuser un peu plus au fil du temps

Enfin, de nouvelles méthodes de prévention, de la mammographie au chien renifleur (de cancers, pardi !) en passant par l’autopalpation, amènent à faire gonfler les statistiques. Ces moyens de prévention sont indispensables pour découvrir une anomalie à temps. Mais cela n’explique pas cet engouement médiatique pour ce cancer en particulier.

14 mai 2013. Angelina Jolie annonce qu’elle va subir une double mastectomie, c’est-à-dire une ablation des deux seins. Une contrainte génétique, favorisant justement le développement du cancer du sein, l’a suggéré dans cette décision. Une information ébranlant la Terre entière, mais qui a donné naissance à un effet de masse ; depuis cette nouvelle, beaucoup de femmes ont pris conscience des risques, et sont parties se faire dépister…mais pas seulement !

A l’époque, la contrainte génétique en question (BRCA 1 et 2) n’était pas connue dans les foyers. Cependant depuis cette date, le nombre de femmes demandant un test génétique a explosé, notamment dans les pays anglo-saxons. Réelle prise de conscience ou simple effet de mimétisme du peuple lambda ? Néanmoins, cette information a permis d’améliorer le test de dépistage et la prise en charge des femmes cancéreuses. Un minimum. Malgré cela, il a fallu attendre qu’un people dévoile cette information. Ne trouvez-vous pas ça bizarre ? Comme si cette annonce faire par une personne célèbre a fait prendre conscience non seulement aux femmes, mais aussi aux médecins et à toute la communauté scientifique que n’importe qui pouvait être atteint d’un cancer, et pas seulement les personnes lambda.

J’ai remarqué aussi que c’est à cette même période que le cancer du sein s’est médiatisé. Et qu’une certaine « peur de l’examen » a commencé à s’effacer. En effet, la médecine suivait moins en ce qui concerne l’enjeu émotionnel des patientes et des femmes dépistées. Mais elle a aussi donné naissance à une nouvelle peur, celle d’avoir ces gènes prédisposés et d’en développer un cancer à la suite des prédispositions génétiques (même si les cas de prédisposition génétiques sont plus rares que ce qu’on pense).

hehecrabe heheiguane

Ainsi doublée d’une action de générosité, plusieurs organismes ont créé « Octobre Rose » en référence au cancer du sein, touchant majoritairement les femmes. Le rose, symbole de la femme…un peu rapide soit-dit en passant. Mais malheureusement si la plupart des associations non lucratives soutiennent la cause et appellent aux dons pour la recherche, il y a une très grosse manipulation marketing autour de cette campagne mondiale. Tout d’abord, la symbolisation du ruban rose. C’est une entreprise, Estée Lauder, qui est à l’origine de cet insigne. Depuis, ce ruban désigne toute personne ou tout organisme qui prête conscience envers le cancer du sein et ses conséquences. Cela a apporté son lot de dérives, profitant encore une fois au capitalisme plus qu’à la santé.

Lors de l’Octobre Rose, beaucoup de produits sont catalogués en faveur de la prévention du cancer. Il est dit généralement sur ces produits qu’il y a une partie reversée à des fonds sur la recherche. Est-ce bien vrai ? L’enjeu commercial de cette campagne est très gros. Selon plusieurs études, la majorité des américains étaient prêt à acheter un produit défendant la cause en question. Bien que des entreprises versent de larges sommes d’argent, d’autres sont plus avares et ne reversent qu’une somme minime, le reste allant dans les profits ou réinvesti dans l’entreprise elle-même. En moyenne, c’est 15% de la somme totale amassée qui est reversée aux fonds de recherche. Et puis, durant le mois d’octobre, les campagnes physiques et médiatiques sont en branle. On n’entend parler que de ça durant ce mois, que l’on soit en France, au Canada ou de n’importe où dans le monde. Mais au final, peu de personnes soutiennent corps et âme la campagne via l’achat de produits soutenant la recherche contre le cancer. Et cela n’empêche pas les entreprises soutenant la cause de fabriquer des produits cancérigènes ! Pire encore : des meetings organisés par ces dernières pour le public et la clientèle en faveur de la recherche contre le cancer du sein. Foutage de gueule over 9000…

Une course rose ! Pour l’Octobre Rose ! Avec le sexe rose ! Ça fait-tu pas un peu trop là ?

Bref, Octobre Rose et le ruban rose sont purement et simplement des campagnes mettant souvent en avant des entreprises proposant des produits destinés aux femmes. Ces entreprises déguisent souvent leurs campagnes commerciales en campagnes caritatives. Certes cela permet de jeter un œil sur le cancer du sein et ses conséquences, mais rien en permet d’affirmer que ces entreprises (se donnant par ailleurs bonne conscience auprès du public) travaillent main dans la main avec les laboratoires de recherche.

Par ailleurs, les détracteurs d’Octobre Rose diront que c’est une campagne sexiste. La nature est bien faite, car en novembre, c’est le Movember. Une campagne beaucoup plus artisanale et plus sociale que commerciale, mais se basant grosso merdo sur le même système. C’est aussi un mouvement assez récent, comparé à Octobre Rose. Mais qu’est-ce le port de la moustache et de la barbe apporte de plus aux fonds de la recherche contre le cancer de la prostate ?

En conclusion, bien que les faits attestent d’une situation médicale grave qui menace la vie de nombreuses femmes, la surmédiatisation et le marketing sous-jacent autour de cette maladie est propulsée par des annonces de plus en plus nombreuses venant de personnes très célèbres et par un accès de plus en plus ouvert aux dépistages. Mais aussi par une campagne et des symboles créés par le commerce en général et profitant à l’envi des médias et des étals pour amasser de l’argent pour les entreprises et pour – a minima – la recherche contre le cancer du sein.

http://www.huffingtonpost.fr/elisabeth-ruffinengo/mois-du-cancer-du-sein-prevention-primaire_b_5935346.html

http://www.pourquoidocteur.fr/Femme/7957-Cancer-du-sein-l-effet-Angelina-Jolie-se-prolonge

http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20130709_cancerdusein.pdf

http://www.bcam.qc.ca/fr/content/le-cancer-du-sein-est-une-maladie-non-une-occasion-de-marketing

http://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/0211452758076-vers-une-forte-hausse-des-cancers-chez-les-femmes-2039765.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruban_rose

http://www.coupdepouce.com/sante-et-vitalite/sante/article/cancer-du-sein-tout-n-est-pas-rose